Face à un contexte hydrologique tendu, marqué par un printemps sec et une forte vague de chaleur dès la fin du mois de mai, Seine Grands Lacs a engagé, le 2 juin 2026, la phase de déstockage de ses lacs-réservoirs avec près d’un mois d’avance sur le calendrier habituel. Cette opération annuelle permet de garantir des débits suffisants en Seine, Marne, Aube et Yonne, au bénéfice des milieux aquatiques et des usages à l’aval : alimentation en eau potable, fonctionnement des stations d’épuration, navigation, activités économiques ou encore fonctionnement des installations stratégiques, comme la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine.
Au terme de la période de remplissage, le 2 juin, les quatre lacs exploités par Seine Grands Lacs — Der, Orient, Amance-Temple et Pannecière — stockaient 710 millions de m³ d’eau, soit 90 % de leur capacité. Un niveau favorable pour assurer le soutien d’étiage tout au long de l’été.
Au printemps et à l’été, les épisodes de chaleur qui se sont succédé sur le bassin de la Seine ont toutefois accentué la baisse des débits des rivières dès la fin mai. Seine Grands Lacs a donc adapté à plusieurs reprises les volumes restitués depuis ses lacs. Ce pilotage fin, fondé sur une surveillance quotidienne des cours d’eau, a permis de préserver les usages essentiels — eau potable, navigation, irrigation —, de limiter jusqu’à présent les restrictions et de protéger la biodiversité sur la Seine et ses affluents. Une situation qui diffère d’autres bassins en France, comme sur le Rhin où le transport fluvial a été fortement perturbé durant l’été.
Ces apports se sont révélés déterminants tout au long de l’été. En août, le débit de la Seine à Nogent-sur-Seine, au niveau de la centrale nucléaire, était équivalent au débit restitué par les lacs d’Orient et d’Amance-Temple. Dans le même temps, 98 % de l’eau de la Marne à Châlons-en-Champagne était issue du lac du Der. En Île-de-France, où la navigation fluviale constitue un enjeu économique majeur et où 70 % de l’eau potable est produite à partir de la Marne et de la Seine, près des deux tiers de l’eau de ces deux rivières provenaient des lacs-réservoirs.
Les trop faibles pluies en septembre et octobre n’ont pas permis de mettre un terme à la sécheresse. Au regard de cette situation et des prévisions météo, Seine Grands Lacs, en lien étroit avec l’État, les collectivités, les grands usagers et les syndicats de rivière, a décidé de poursuivre la phase de déstockage des lacs-réservoirs au-delà du 1er novembre. En principe, cette phase s’achève à cette date, avec le début de la phase de remplissage, mais l’établissement a décidé de mobiliser ses réserves, qu’il avait renforcées au préalable dans cette perspective. Ces réserves sont en principe constituées pour assurer un soutien des débits des rivières jusqu’au 15 décembre, mais compte-tenu de la prolongation de cet épisode de sécheresse sévère et de l’absence de précipitations prévues à court terme, l’établissement a décidé de les utiliser avec prudence, de manière à ce que ce déstockage puisse durer encore plus longtemps. Aussi :
- Sur le lac du Der, sur la Marne : les restitutions seront maintenues, si nécessaire, jusqu’au 18 janvier 2027 ;
- Sur le lac d’Orient, sur la Seine, à l’amont immédiat de Troyes : les restitutions sont maintenues jusqu’au 22 novembre 2026, puis seront arrêtées du fait des travaux indispensables et non reportables de rénovation du barrage de La Morge, qui nécessitent d’avoir un niveau du lac suffisamment bas. Le débit de la Seine continuera toutefois d’être soutenu, à partir de Marcilly-sur-Seine, via la rivière Aube et le lac d’Amance-Temple, où les restitutions ont été augmentées en conséquence. Elles s’arrêteront au 24 décembre ;
- Sur le lac de Pannecière, sur l’Yonne : les restitutions sont maintenues jusqu’au 19 décembre.
Ces dates restent bien sûr conditionnées à l’évolution de la situation pluviométrique et hydrologique du bassin. Les acteurs se réuniront de nouveau fin novembre pour faire le point sur la situation et ajuster si besoin ce programme.
Au 1er novembre, les ouvrages disposent encore de 176 millions de m³ d’eau, soit 22 % de leur capacité normale.
Dans ce contexte de sécheresse sévère et tardive, Seine Grands Lacs s’associe fortement à l’appel à la vigilance lancé par les services de l’État : chaque usager est invité à limiter sa consommation d’eau et à éviter toute utilisation non indispensable. De même, l’établissement les invite à suivre les restrictions d’usage édictées par l’État sur les territoires concernés.
Seine Grands Lacs reste ainsi pleinement mobilisé pour garantir la continuité des usages, préserver les milieux aquatiques et accompagner les territoires face aux effets durables de la sécheresse.
Pour suivre en temps réel les données hydrologiques des lacs-réservoirs, rendez-vous sur : https://www.seinegrandslacs.fr/quatre-lacs-reservoirs-au-coeur-dun-bassin