Une crue de printemps exceptionnelle

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11/07/2016 Inondation Partager
Une crue de printemps exceptionnelle

Le bassin versant de la Seine et la région Ile-de-France en particulier ont connu une crue exceptionnelle pour cette période de l’année.
Elle a atteint 6,10 m à Paris le samedi 4 juin alors que la dernière grande crue comparable par son ampleur survenue en mai/juin s’est produite en 1856 avec une hauteur maximum de la Seine de 5,20 m à Paris.

 

Des précipitations d’une intensité rare.

A un mois de mai particulièrement pluvieux ont succédé 5 jours de précipitations de fortes intensités du 28 mai au 5 juin. Le cumul mensuel atteint environ 3 mois de précipitations en région Ile de France.
Sur les départements du Loiret, du Loir-et-Cher, du Cher,  de l'Essonne et de l'Yonne,  la quantité d'eau tombée en trois jours est sans équivalent sur la période 1960 à nos jours. Il est ainsi tombé l’équivalent d’un mois de pluie pendant la seule journée du 30 mai
Ces niveaux records de pluie en mai en Ile-de-France et dans le Loiret ont entraîné une saturation généralisée des sols et une crue exceptionnelle du Loing,  affluent rive gauche de la Seine à 80 km au sud-est de Paris ainsi que des crues marquées sur les affluents de la Seine en Ile-de-France (Yerres, Essonne, Orge…).
Les pluies soutenues et régulières sur l’amont du bassin  ont également déclenché une crue de l’Yonne,  la Marne et la Seine amont conservant elles des débits plus modérés.
En ce qui concerne les lacs-réservoirs de Champagne, les débits sont restés largement  inférieurs à l’évènement de mai 2013, avec des pointes d’un temps de retour 2 ans environ, mais un volume de crue relativement important lié à une pointe peu marquée.
Pour le lac de Pannecière, la pointe a représenté plus de 40 m³/s  pour une moyenne mensuelle de 3,1 m3/s en juin en temps ordinaire entraînant le plein remplissage le 2 juin après le passage de la crue.

Crue mai juin 2016

 

 


Une action positive notable  des lacs-réservoirs du bassin amont de la Seine

Afin d’assurer leur mission fondamentale de soutien des débits des rivières nécessaire à l’alimentation en eau à partir du 1er juillet les 4 lacs réservoirs de Aube, Marne, Seine et Pannecière  étaient remplis à près de 90 % de leurs capacités, conformément à leurs règlements d’eau, au moment du déclenchement de  la crue,
Ils ont néanmoins pu jouer un effet significatif sur l’amont du bassin. Seul le barrage de Pannecière a été totalement saturé, après avoir atteint un remplissage exceptionnel. Cet ouvrage a, cependant, permis de réduire  la pointe de crue de l’Yonne de 30 m3/s le 31 mai.
Le canal d’amenée Seine qui dérive les eaux du fleuve vers le lac d’Orient, en vidange transitoire pour cause de travaux a été remis en service dès le 31 mai afin d’apporter son concours à l’écrêtement de cette crue.
Sur les 4 lacs-réservoirs, les tranches exceptionnelles, permettant un sur-stockage dans les ouvrages lors d’évènement de ce genre, ont été mobilisées.
Durant cet évènement, les lacs ont permis de stocker jusqu’à 68 m³/s le 3 juin et ont stocké plus de 30 millions de m³ pendant cet évènement.
Compte tenu de la forme  de cette crue issue d’un bassin versant intermédiaire de la Seine, les lac-réservoirs ont permis une diminution de 5 cm du niveau de la Seine atteint en pointe à Paris et ont eu un effet bénéfique tout au long de la décrue, permettant un retour à la normale plus rapide ; le 6 juin l’effet des lacs-réservoirs était de plus de 20 cm.

Si la situation est revenue rapidement à la normale, de fortes précipitations entre le 11 et le 15 juin ont entraîné une nouvelle hausse des débits en amont du lac-réservoir Seine. Fort heureusement, celle-ci n’a pas engendré de débordements semblables à ceux observés en début de mois à l’aval. Pendant tout l’évènement, les prises ont été poursuivies sur le lac-réservoir Seine aucun délestage ou vidange, entrainant une prolongation de la crue, n’a, bien évidemment, été opéré depuis les lacs Seine et Aube.
La phase de soutien d’étiage sera progressivement mise en œuvre pendant le mois de juillet, le lac Seine faisant l’objet d’un traitement particulier pour tenir compte de la situation des exploitations agricoles à l’aval de l’ouvrage


Inondations : 1er risque de catastrophe naturelle

Le retour d’expérience sur les dommages et l’organisation de la gestion de crise est engagé.
Les dommages importants tant d’un point de vue humain qu’économique de cette crue de printemps  ainsi que  celle de 2013 sur le haut bassin de la Seine démontrent, s’il en était besoin, que les inondations constituent le premier risque de catastrophe naturelle en France et que le bassin Seine amont y est particulièrement exposé. Ils démontrent également la nécessité d’agir de manière collective et solidaire à l’échelle de ce bassin amont de la Seine.
Ces évènements extrêmes auxquels on peut rapprocher la sécheresse de l’hiver 2015/2016 semblent indiquer des changements profonds dans notre climat qu’il faut prendre en compte.

 

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